Faut-il attendre qu’il y ait le feu pour agir ?

Prévention & Bien-être

Pourquoi la prévention est encore trop absente de notre culture – et comment y remédier.

Il y a quelques semaines, la tragédie de Crans-Montana a bouleversé la Suisse. Un incendie, des jeunes témoins qui filment sans réagir, des familles dévastées et cette question qui revient en boucle : comment a-t-on pu en arriver là ?

On cherche des coupables. On analyse les comportements. Mais au fond, il y a une réalité qui dérange et que peu osent formuler : personne ne savait vraiment quoi faire. Face au feu, face à l’urgence, face à l’inattendu… nous ne sommes pas préparés.

Et si ce n’était pas un simple problème individuel, mais un reflet de notre société ?

Une société qui agit trop tard

En Suisse, on a une culture bien ancrée : on attend qu’il y ait un problème pour agir. On va chez le médecin quand les douleurs deviennent insupportables. On prend conscience de sa santé mentale quand elle est déjà fragile. On fait appel à un professionnel quand les dégâts sont là.

Dans les entreprises, c’est pareil : les formations de premiers secours sont souvent reléguées au bas de la liste des priorités. On ne parle même pas des exercices d’évacuation, absents dans la plupart des PME. Et même dans les immeubles d’habitation, qui sait vraiment où se trouve le point de rassemblement ? Qui sait comment réagir ?

On confie aux grandes entreprises le soin d’être « bien organisées », mais qui pense aux plus petites ? Aux écoles ? Aux régies ? Aux gérances ?

La prévention ne devrait pas être une option. Elle devrait être une culture.

Ce que coûte l’absence de prévention

Ce manque d’anticipation a un prix. Un prix humain, émotionnel… mais aussi économique.

Chaque année, les coûts liés aux maladies évitables, aux accidents du travail ou aux erreurs de gestion explosent. Tout cela parce qu’on a oublié de prévenir, d’évaluer, de faire un simple point.

Et pourtant, la prévention ne demande pas grand-chose :

  • Une visite médicale annuelle.
  • Un rappel des consignes de sécurité à l’arrivée d’un nouvel employé.
  • Une séance de sensibilisation deux fois par an.

Mais non, on préfère attendre. Attendre que les dégâts soient là pour réagir. Parce que « ça n’arrive qu’aux autres ». Jusqu’au jour où…

Dans mon métier, c’est la même chose

En tant qu’architecte d’intérieur, je vois ce phénomène tous les jours. Je suis souvent appelée après coup. Quand la rénovation tourne mal. Quand l’aménagement ne fonctionne pas. Quand l’achat du bien est fait — et que les premières frustrations arrivent.

Il y a toujours une solution. Je peux rattraper, ajuster, réorganiser.

Mais souvent, le mal est fait : la déception est là, l’énergie est basse, et le budget a déjà pris une claque. Et pourtant, si j’interviens en amont, tout change.

Il suffit parfois d’un simple rendez-vous, en phase de réflexion ou juste avant l’achat d’un bien, pour éviter de grosses erreurs.

Je propose d’ailleurs un package “Basic” dès 320.–, qui inclut :

  • Un premier rendez-vous gratuit
  • Des conseils personnalisés

Un petit pas de prévention qui évite de grands regrets.

Et du côté des entreprises ?

Cette culture du “réagir trop tard” ne concerne pas que les particuliers. Dans mon activité de consultante en aménagement, j’accompagne également les entreprises qui souhaitent aligner leurs espaces avec les exigences de sécurité, de bien-être et de performance.

Je suis notamment spécialisée dans les normes OLT3, qui encadrent les conditions de sécurité, d’ergonomie et de santé au travail en Suisse. Trop souvent négligées, ces obligations légales sont pourtant essentielles pour prévenir les risques humains et financiers.

Un accompagnement en amont permet d’éviter des erreurs coûteuses, de protéger les équipes, et de faire de l’espace de travail un véritable levier de performance. Un bon aménagement peut aussi être une démarche de prévention à part entière.

Le pas cher coûte toujours plus cher

Je le dis souvent, et mes clients le confirment :

Le pas cher finit toujours par coûter plus cher. 

Des espaces mal proportionnés, une cuisine mal agencée, un carrelage pas posé au bon endroit, une suite parentale avec une baignoire … On pense faire des économies. Mais ce sont ces choix précipités ou mal conseillés qui, à long terme, épuisent, frustrent et obligent à recommencer.

Prévenir, c’est aussi clarifier.

Savoir où l’on va, ce qu’on veut éviter, ce qu’on veut privilégier. Et parfois, atténuer des tensions invisibles avant qu’elles deviennent des erreurs visibles.

Et si on apprenait à prévenir ?

Le drame de Crans-Montana nous rappelle que nous ne sommes pas aussi préparés que nous le croyons. Mais ce n’est pas une fatalité. Changer notre regard sur la prévention, c’est possible.

Commencer dès le plus jeune âge, instaurer de nouveaux réflexes, valoriser les démarches “invisibles” mais essentielles.

Dans mon métier, la prévention commence dès la première idée. Au moment où vous vous dites : “Et si j’achetais ce bien ?”, “Et si on réaménageait nos bureaux ?”

C’est à ce moment-là qu’il faut m’appeler.

Publié le 26 janvier 2026